Mon atelier

Cette semaine, j’ai déménagé mon atelier.
Pendant 6 ou 7 ans, j’ai travaillé dans ce local dans le quartier portugais. J’ai rencontré des personnes qui me sont chères. J’ai ri, j’ai pleuré j’ai réfléchi, j’ai produit. C’est juste un local vous me direz.

Non.

Il était tenu par Monsieur Lamarche, professeur à la retraite. Monsieur Lamarche a enseigné la gravure à l’Université Concordia, a réalisé des murales, est devenu orfèvre, a enseigné la joaillerie. Il regardait au dessus de notre épaule quand on travaillait, un peu fatigant vous me direz, oui. Mais ça peut être pratique. Il en a vu d’autres. Monsieur Lamarche a les meilleurs trucs pour le jardinage, il fait les meilleures moules au safran, et personne ne danse comme lui.

Il a pris sa retraite. Pas de la cuisine, ni de la danse, heureusement.

Les conseils des collègues pas trop loin. Les outils partagés, les chartes pour savoir à quelle largeur faire un lingot pour obtenir une bande d’une largeur donnée, pour une épaisseur donnée. Vous ne comprenez pas, je sais. Des détails. Y’avait de moins en moins de collègues qui travaillaient de toutes façons. Le métier est dur. Peu en vivent décemment, celles qui le font ont toute mon admiration.

La vue, le soleil qui se couche. Les natas et la soupe de poisson de chez José le vendredi.

Mon amie Maude qui travaille de l’autre côté, on se dit rien, mais la vibe est bonne.

C’est fini, quelque chose d’autre commence.

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