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Mon atelier

Mon atelier

Cette semaine, j’ai déménagé mon atelier.
Pendant 6 ou 7 ans, j’ai travaillé dans ce local dans le quartier portugais. J’ai rencontré des personnes qui me sont chères. J’ai ri, j’ai pleuré j’ai réfléchi, j’ai produit. C’est juste un local vous me direz.

Non.

Il était tenu par Monsieur Lamarche, professeur à la retraite. Monsieur Lamarche a enseigné la gravure à l’Université Concordia, a réalisé des murales, est devenu orfèvre, a enseigné la joaillerie. Il regardait au dessus de notre épaule quand on travaillait, un peu fatigant vous me direz, oui. Mais ça peut être pratique. Il en a vu d’autres. Monsieur Lamarche a les meilleurs trucs pour le jardinage, il fait les meilleures moules au safran, et personne ne danse comme lui.

Il a pris sa retraite. Pas de la cuisine, ni de la danse, heureusement.

Les conseils des collègues pas trop loin. Les outils partagés, les chartes pour savoir à quelle largeur faire un lingot pour obtenir une bande d’une largeur donnée, pour une épaisseur donnée. Vous ne comprenez pas, je sais. Des détails. Y’avait de moins en moins de collègues qui travaillaient de toutes façons. Le métier est dur. Peu en vivent décemment, celles qui le font ont toute mon admiration.

La vue, le soleil qui se couche. Les natas et la soupe de poisson de chez José le vendredi.

Mon amie Maude qui travaille de l’autre côté, on se dit rien, mais la vibe est bonne.

C’est fini, quelque chose d’autre commence.

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Une nouvelle collection, le processus

Une nouvelle collection, le processus

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Se mettre dans un état d’esprit créatif, ce n’est pas toujours facile. Je dois avouer que pour venir à bout de la collection DIGITAL, j’ai dû me faire violence. Je voulais repousser mes limites, me prouver que j’étais encore capable de fabriquer des bijoux simples et efficaces, mais avec « twist » technique.

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Après des mois de travail, plusieurs prototypes rejetés, j’en suis arrivé à quelques modèles dont je suis particulièrement fière. Et à dire vrai, quand mes collègues joaillières regardent cette collection et me demandent: « Comment tu as fait ça? », ça me fait chaud au cœur.

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On s’entend, je n’ai pas réinventé la roue, mais cette collection est construite de A à Z. Il n’y a aucun moule. J’ai exploré le formage, c’est-à-dire travailler des volumes en frappant le métal. J’ai travaillé avec un laminoir spécial, dont les rouleaux sont texturés. Cet effet de lignes me fait penser à des empreintes digitales.

 

 

 

 

 

J’espère que vous aurez autant de plaisir à les porter, que moi à les fabriquer.

 

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